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Trente ans de sociologie urbaine

Trente ans de sociologie urbaine

UN POINT DE VUE FRANÇAIS

par Christian Topalov, à lire sur Métropolitiques

Qu’est ce que la sociologie urbaine en France ? Acteur de cette histoire, Christian Topalov  revient sur les deux grands moments durant lesquels cet étiquetage s’est imposé : les années 1970, puis la période de formulation d’un « problème des banlieues » qui s’amorce au début des années 1980. Deux moments où la ville des savants coïncide avec celle des politiques publiques.Liste ordonnée :

« La ville, c’est ce que nous décidons d’en faire en fonction d’un objectif d’analyse ». C’est ce que notait en 1964 Leonard Reissman, un bien intéressant sociologue états-unien (Reissman 1964, p. 153). Dans le monde massivement urbanisé du XXe siècle, la sociologie urbaine a, en effet, toujours été confrontée à un problème : comment définir la spécificité de son objet ? Si tout est urbain, ou presque, en quoi la sociologie urbaine diffère-t-elle de la sociologie tout court ? Je ne proposerai pas une réponse à cette question, une « bonne définition » de plus [1]. Je vais m’efforcer, en revanche, de retracer l’histoire de quelques-uns des « points de vue » évoqués par Reissman, points de vue dont sont nées diverses « sociologies urbaines ».

Malgré ce que racontent en général les manuels, ce serait créer une illusion d’optique qu’écrire l’histoire de cette discipline comme un développement linéaire avec des précurseurs, des fondateurs, des « classiques » que nous partagerions tous. Ni même comme un ensemble de problèmes ou de controverses discutés de façon continue au cours du temps. Cette discipline n’a pas connu un processus d’accumulation de savoirs dans le cadre d’une institutionnalisation stable, mais plutôt une série discontinue d’émergences locales suivies d’éclipses. La définition de l’objet a changé souvent, parfois de façon radicale. La raison en est que chacune de ces définitions est liée à la configuration historique particulière du moment et du pays considérés – malgré des épisodes d’internationalisation partielle.

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