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La « garantie jeunes », nouveau contrat d’accompagnement en expérimentation

Lu sur acteurspublics.com

 

Nouveau contrat d’accompagnement pour faire reculer le chômage des jeunes adultes, la “garantie jeunes” est expérimentée dans une dizaine de territoires choisis par le ministère du Travail. Dans les missions locales chargées de sa mise en place, les conseillers ont dû réinventer leur métier. 

Encore un dispositif pour les jeunes ! Après les emplois aidés – contrat unique d’insertion, contrat d’avenir… –, les moins de 25 ans bénéficient depuis le début du mois d’octobre d’un nouveau contrat d’accompagnement destiné à favoriser leur entrée sur le marché du travail : la garantie jeunes. Prévu par le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, ce dispositif s’adresse à des adultes sans emploi ni formation en situation de grande précarité. La garantie jeunes est aujourd’hui expérimentée dans 10 territoires choisis après un appel à projets et retenus par le ministère du Travail pour leur savoir-faire en matière d’insertion sociale.

Si l’initiative est louable sur le fond, sa mise en œuvre n’est pas si simple. Dans les missions locales, on parle d’un dispositif “d’accompagnement renforcé vers l’emploi et l’autonomie”, la formule avancée par le ministère pour prévenir toute confusion avec le revenu de solidarité active (RSA). Certes, l’accompagnement prévoit une allocation équivalente au RSA versée pendant douze mois par les services de la préfecture. Mais la comparaison, dit-on, s’arrête là. Formalisée par un contrat d’engagement signé entre le jeune, l’État et les missions locales, la “garantie” est “avant tout conçue comme un levier vers l’emploi”, souligne Serge Esteban, directeur de la mission locale de Carcassonne (Aude).

Suivi personnalisé

À écouter ce directeur, cette nouvelle stratégie d’intervention a semble-t-il, dans un premier temps, quelque peu perturbé les acteurs sociaux. Il faut dire que Pôle emploi, les travailleurs sociaux des conseils généraux et les services de la protection judiciaire de la jeunesse interviennent à des degrés divers dans le dispositif pour repérer les jeunes en difficulté. Et chacun a sa propre approche de l’insertion. Daniel Iché, président du centre intercommunal d’action sociale de Carcassonne, reconnaît ainsi qu’il a fallu “un certain temps” pour assimiler les contours et les objectifs de la garantie jeunes. Elle entraîne un “bouleversement du métier des conseillers des missions locales”, prolonge Laurent Gaillourdet, directeur de la mission locale de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

Les conseillers des missions locales, formés aux nouveaux outils pédagogiques d’accompagnement, suivent les jeunes durant six semaines via des groupes de travail collectif. Au programme : remise à jour des compétences clés et définition des profils professionnels des uns et des autres sur la base de leur savoir-faire. Des modules qui doivent les aider en amont à mieux se connaître pour mieux pouvoir “se vendre” auprès des chefs d’entreprise.

À ces ateliers de groupes s’ajoute un suivi très régulier du jeune par l’un des conseillers de chacune des missions locales. Ces conseillers leur consacrent la totalité de leur activité pour, là encore, faire naître et appuyer leur projet professionnel. “Ce lien avec l’entreprise est nouveau pour nos agents”, précise Laurent Gaillourdet. De nouvelles tâches qui imposent de former les personnels, voire d’en recruter de nouveaux. À cela s’ajoutent encore des contraintes matérielles telles que la location de nouveaux locaux ou l’achat de fournitures (ordinateurs…). Ce qui explique pourquoi toutes les missions locales ne sont pas encore opérationnelles.

Les contraintes sont variables selon le nombre de jeunes à prendre en charge. Le gouvernement s’est fixé un objectif de 10 000 jeunes couverts par le dispositif et répartis sur chacune des missions locales en fonction de critères purement statistiques. Si Carcassonne doit intégrer environ 166 jeunes, Bobigny devra en accueillir 450. “On s’organise pour se mettre en ordre de marche”, affirme le directeur de Bobigny, Laurent Gaillourdet. Une mission délicate pour ses 7 conseillers.

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